Édito du Bâtonnier

Publiée le 02.04.2026

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Chères Consoeurs, chers Confrères,

Je vous remercie de la confiance que vous m'avez témoignée en m'élisant Bâtonnier de l'Ordre des avocats.

Nous sommes une communauté de choix, unis par la conviction que notre mission est essentielle à la société. Je suis très fier d'être appelé à la présider.

Trois paradigmes guideront mon action.

Le premier paradigme, c'est qu'il faut que nous nous entraidions pour tout ce qui n'est pas notre cœur de métier. Il ne faut pas que chaque étude réinvente la roue. L'Ordre doit être cet espace où on mutualise les expériences.

Dans ce domaine, l'Ordre fait déjà beaucoup. Il va continuer sur cette lancée, le cas échéant en coordination avec la FSA : Justitia 4.0, cybersécurité, accessibilité des outils, mise en œuvre des nouvelles obligations au titre de la LBA, la liste est longue des domaines où l'Ordre peut faciliter l'exercice du métier.

Un certain nombre d'entre nous veulent aller plus loin et contribuer, par la manière dont ils exercent le métier, à l'avancement de causes sociétales. Je pense par exemple à un usage durable des ressources et à la souveraineté numérique. L'Ordre, sous l'impulsion de la CIMBAR, doit mettre à disposition des boîtes à outils permettant à celles et ceux qui le veulent d'adapter leurs pratiques.

Le deuxième paradigme, c'est que la déontologie est la colonne vertébrale de notre association. L'Ordre des avocats participe à définir en quoi consiste l'humanité et la dignité avec laquelle nous avons promis d'exercer notre profession.

Il s'agit ainsi de rafraîchir, préciser, réactualiser et adapter à la digitalisation nos règles déontologiques pour que le débat judiciaire soit plus respectueux et plus fructueux.

L'Ordre, sous l'impulsion de sa Commission de l'égalité, peut et doit contribuer à améliorer les conditions-cadre pour que chacune et chacun puisse se développer et croître avec des chances égales. C'est aussi cela, la confraternité.

Le troisième paradigme, c'est que, collectivement, nous sommes un miroir et un aiguillon dont la justice et les autorités ont besoin. Nous sommes une force de proposition, légitime voire incontournable, en ce qui concerne la façon dont la justice est rendue et l'activité administrative accomplie. C'est ainsi que nous soutenons le Pouvoir judiciaire dans son effort de s'acquitter au mieux de ses missions régaliennes.

Dans cet esprit, nous continuerons notamment à promouvoir la spécialisation des juridictions : Tribunal des baux et loyers, hier, et Tribunal de commerce, demain. Nous poursuivrons la réflexion sur les modalités d'élection et de mandature pour que les magistrats occupent plus rapidement le siège auquel leurs affinités les portent, et le conservent plus longtemps. Nous persisterons à promouvoir et participer à la mise en œuvre de solutions techniques et organisationnelles pour que notre secret d'avocat soit pleinement protégé, y compris en cas d'écoutes et de mises sous scellés.

Je me réjouis de présider une association forte et créative. Je me réjouis de travailler un Conseil renforcé et dynamisé ; avec le Jeune Barreau et son Premier secrétaire ; avec nos douze Commissions, qui sont des moteurs et des laboratoires ; et avec notre Secrétaire générale et son équipe, qui canalisent, organisent et coordonnent toutes ces magnifiques énergies bénévoles.

Et puis finalement, il y a vous. C'est vous qui êtes au front, jour après jour, au front des rendez-vous clients, au front de l'activité judiciaire, au front de la gestion de vos Etudes. C'est vous qui, jour après jour, voyez ce qui fonctionne et voyez ce qui ne fonctionne pas.

Je compte sur vous pour nous faire part de ce qui fonctionne et doit être généralisé, de ce qui ne fonctionne pas et doit s'améliorer, et vous pourrez compter sur nous pour synthétiser vos besoins et les relayer.

Je me réjouis infiniment d'être pendant deux ans à votre service et de défendre les intérêts de notre profession.

Daniel Kinzer
Bâtonnier